Abeilles, guepes et frelons : les differencier

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On prend souvent les abeilles pour des guêpes, et inversement… Avec un peu d’observation et quelques points clés de détermination, il est simple de différencier toutes ces espèces qui sont encore très souvent confondues par la plupart des gens. Les abeilles, frelons et guêpes diffèrent dans leur comportement, leur régime alimentaire, la forme de leur nid et bien entendu, l’apparence de leur corps. Voyons ensemble comment les reconnaître facilement.

  • Les abeilles

On distingue les abeilles de ruche (Apis mellifera), communément utilisée pour la production de miel en apiculture, et les autres espèces d’abeilles dites sauvages ou solitaires.

  1. L’abeille domestique (de ruche)
    Apis mellifera, espèce sociale, mesure environ 11 à 13 mm (pour les ouvrières) et sa principale caractéristique est qu’elle est très poilue contrairement aux guêpes qui sont elles d’apparence brillantes et très lisses. Elle a un aspect plus trapu que les guêpes. Son abdomen est rayé brun-noir et jaune-brun, et ses pattes sont foncées. Apis_mellifera_carnica_worker_hive_entrance_2Elle a une partie aplatie sur les pattes arrières où elle stocke le pollen qu’elle va récolter (corbeilles).  On peut parfois apercevoir des boulettes accrochées à leurs pattes lorsqu’elles sont en vol. Elles habitent généralement dans une ruche (construction humaine), plus rarement en colonies à l’état naturel (troncs creux, constructions abandonnées…) où leur nid prend la forme de « galettes » de cire. Les abeilles de ruche ne piquent qu’en cas de danger imminent, puisque piquer un humain entraînera leur mort. Leur dard est crochu et reste pris dans la peau, ce qui fait que l’abeille se déchire l’abdomen après avoir piqué. La plupart du temps, elles sont donc inoffensives. Leur comportement alimentaire diffère aussi de celui des guêpes. Les larves se nourrissent essentiellement de pollen (riche en protéines) et les adultes principalement de nectar. Ce ne sont donc pas elles qui pillent les assiettes de viande lors des barbecues et picnic d’été…
  2. Les abeilles solitaires
    Près de 1000 espèces d’abeilles solitaires existent en France. Elles sont de couleurs et tailles variéOsmia_7640_02es et présentent des comportements de nidification différents. Non sociales, elles n’ont pas de colonie à défendre. Ainsi, elles sont très peu agressives, le risque de piqure est minime. Vivant peu longtemps (environ un mois), elles ne prélèvent qu’un peu de nectar et de pollen dans le laps de temps où elles se reproduisent en pondent. Vous en avez sûrement déjà croisé butinant sur les fleurs, certaines ressemblent beaucoup aux abeilles domestiques… Ci contre une jolie osmie cornue, espèce d’abeilles solitaire nichant dans des tiges creuses/galeries horizontales.

 

 

  • Les guêpes

European_wasp_white_bgOn distingue deux espèces de guêpes sociales, communément présentes en France, qu’on confond souvent avec les abeilles : la guêpe germanique et la guêpe commune. Morphologiquement, elles se ressemblent beaucoup. Ces deux espèces4016370_051d8079 vivent dans un nid de forme souvent sphérique construit avec un mélange de bois mastiqué et de salive (sorte de papier mâché). Elles peuvent le construire dans un abri naturel, la terre, ou en hauteur.
Mesurant environ 12-17 mm, ces guêpes, à la différence des abeilles, sont d’aspect brillant et lisse, peu poilues. Leur abdomen est bien séparé du thorax. Les guêpes sont plus filiformes et leur abdomen est jaune vif rayé de noir, les bandes formant un motif. Leurs pattes sont jaunes et sans corbeilles. Contrairement aux abeilles de ruche, leur dard est lisse ce qui leur permet de piquer plusieurs fois. Elles ont un régime alimentaire un peu différent des abeilles : les larves sont carnivores et il n’est ainsi pas rare de voir quelques guêpes vadrouillant autour des assiettes pleines de viande, celles-ci cherchant à ramener des protéines au nid. Elles peuvent prélever des petits insectes ou larves pour alimenter les jeunes. Les adultes se nourrissent de nectar ou se rendent sur les fruits mûrs riches en sucres.

On distingue la guêpe germanique et la guêpe commune par plusieurs points :

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La guêpe germanique (à gauche) a trois points en forme de triangle sur la face de la tête alors que la guêpe commune a une tâche en forme de flèche dirigée vers le bas.

 

De plus, la guêpe germanique possède sur l’abdomen des points noirs indépendants des lignes noires alors qu’habituellement la guêpe commune n’en possède pas.

  • Les frelons

Les frelons appartiennent à la même famille que les guêpes germaniques et communes (Vespidae). On confond communément moins facilement les frelons avec les guêpes et les abeilles mais il n’empêche qu’il subsiste une certaine méconnaissance à propos des deux espèceVespa_crabro_by_Sven_Teschkes répandues en France : le frelon européen et le frelon asiatique.

Le frelon européen (à droite) est plus gros que le frelon asiatique (4 cm vs 3 cm pour les reines fondatrices). Il possède des pattes marron. Son abdomen est majoritairement jaune et son thorax marron/rougeâtre. Il est plutôt contrasté dans sa coloration si bien qu’en vol on le reconnait assez vite. Son nid comporte généralement une ouverture vers le bas, et est rarement construit en haut des arbres.

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Le frelon asiatique (à gauche) est plus petit et possède des pattes à la couleur bien contrastée : noires au début puis jaune vif sur le reste de la longueur. Son abdomen est majoritairement noir, plutôt sombre, avec un anneau de couleur jaune orangée. Son thorax et sa tête sont sombres également. Son nid sphérique comporte une ouverture plutôt vers le côté et est souvent construit en hauteur. Il pratique le vol stationnaire ce dont n’est pas capable le frelon européen. Importé il y a quelques années et devenu invasif en France, il est connu pour s’attaquer aux ruches et peut affaiblir sévèrement les colonies. Pour l’humain, il n’est pas très agressif, à part si on s’attaque à son nid.

 

Ces espèces d’hyménoptères ne sont évidemment pas les seules sur le territoire et les confusions sont faciles… Surtout quand on s’aperçoit que certains diptères peuvent ressembler étrangement aux guêpes. Attention par exemple aux confusions entre les guêpes et certaines espèces de syrphes.

Dernier point, n’oublions pas que les adultes de toutes les espèces présentées dans cet article peuvent butiner, ils sont donc des pollinisateurs potentiels, au même titre que les papillons, certains coléoptères et mouches… Il n’est pas nécessaire de tuer la première guêpe ou le premier frelon que vous croiserez, ils ont leur utilité et leur place dans l’écosystème (pollinisation, prédation d’autres insectes, nourriture pour les insectivores…) et ne sont pas « nuisibles », mis à part le frelon asiatique qui peut être considéré comme nuisible par les apiculteurs. Ces insectes ne sont pas agressifs par nature, il n’est donc pas utile d’en avoir peur plus que de mesure. S’agiter lorsqu’une abeille ou une guêpe passe ne fera que lui envoyer un signal de danger ce qui vous mettra en danger. La meilleure attitude à adopter reste celle que nous adoptons face à la plupart des êtres vivants que nous croisons au quotidien : l’indifférence. Continuer à agir normalement avec des gestes doux en faisant attention de ne pas les écraser. Si vous n’êtes pas allergique, une piqure d’abeille ou de guêpe sera un peu douloureuse et entraînera quelques démangeaisons mais votre vie ne sera pas en danger.