Biodiversite urbaine : ce que nous disent les abeilles…

En ville, la biodiversité est plus développée qu’on ne le croit. Pour aller à sa rencontre, des balades étaient organisées lors de notre événement du 1er avril. Nous avons à cette occasion observé un site de nidification très animé, et nous souhaitons partager avec vous la lettre de Vincent Albouy , qui animait ces ballades :

Chers amis,

Lors de ma visite à Fontenay sous Bois le 1er avril dernier, j’ai pu découvrir avec plaisir dans deux parterres proches au niveau du 15 rue Jean-Pierre Timbaud une très dynamique colonie de collète lapin, une abeille solitaire. La colonie originelle se trouve dans un parterre planté d’arbustes divers, au sol dénudé et tassé, un peu sableux. Elle semble s’être récemment étendue à un parterre proche, planté de rosiers et au sol récemment travaillé en profondeur.

Lors de ma visite, de nombreux mâles volaient, attendant la sortie des femelles qui commençaient juste à émerger. Ce moment de la vie de la colonie est impressionnant, mais absolument sans danger. Aucun mâle d’abeille ne peut piquer, l’aiguillon étant constitué par l’ancien appareil servant à la ponte, donc réservé aux femelles. Et les abeilles solitaires ne défendent pas leur nid en piquant, contrairement à l’abeille mellifère.

La collète lapin (Colletes cunicularius) est la plus grande espèce du genre, atteignant 1,5 cm de long. C’est aussi la plus précoce, volant de mars à avril, bien plus tôt que les autres espèces. Elle recherche les terrains plutôt sablonneux, meubles, à végétation clairsemée, à surface horizontale ou légèrement en pente pour creuser son terrier. Elle récolte le pollen et le nectar exclusivement sur les saules, surtout le saule marsault (Salix caprea) et le saule cendré (Salix cinerea).

Un troisième parterre situé après le parterre de rosier, au niveau d’un arrêt de bus, abrite une petite colonie d’une autre espèce d’abeille, appartenant au genre Lasioglossum. La photo que j’ai pu prendre ne me permet pas de déterminer l’espèce. Les abeilles de ce genre vivent en société primitive : une femelle fécondée hiverne et creuse un terrier au printemps. Elle élève une dizaine ou une vingtaine de filles, des ouvrières, qui l’aideront ensuite à élever une nouvelle génération de femelles et de mâles reproducteurs. Contrairement à la collète lapin, qui disparaît après quelques semaines d’activité, les Lasioglossum restent donc actives plusieurs mois…

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